mardi 25 mai 2010

La Tate Modern a 10 ans ! (1)

L'anniversaire d'une institution telle que la Tate Modern de Londres donne souvent lieu à des rétrospectives interminables qui tournent rapidement à l'auto-congratulation. Mais encore une fois nos amis britanniques ont décidé de procéder autrement en profitant de l'occasion pour étendre leur collection.

Cette politique d'achat est d'autant plus ambitieuse qu'elle s'attache à sortir du cadre européen et nord américain d'où la plupart de des artistes présents dans les acquisitions passés sont originaires. On voit ainsi des oeuvres d'artistes algériens, iraniens et égyptiens faire leur entrée dans cette toute jeune institution.

Force est de constater que les politiques d'acquisition du Centre Georges Pompidou sont loin d'avoir atteint ce niveau d'audace, sans doute de peur de rattraper le retard qu'ils semblent cultiver depuis son inauguration le 31 janvier 1977.

L'ambition de la responsable des collections de la Tate Modern, Frances Morris est d'explorer des sentiers encore peu rabattus afin d'acquérir les meilleures oeuvres d'art actuel, quelqu'en le pays d'origine. En d'autres termes elle souhaite donner une place plus importante aux artistes africains et moyen-orientaux.

Le 10 mai dernier elle a ainsi annoncé l'achat de 13 oeuvres de 10 artistes qui ne figuraient pas jusqu'à présent dans le fonds de la Tate. On peut y décourvir une maquette de l'ancienne cité de Ghardaia réalisée à l'aide de semoule cuite et signée par l'artiste franco-algérien Kader Attia (fig. 1)

Fig. 1. Kader Attia, Gardhaia

ou encore une installation de Mahmoud Bakhshi Moakhar intitulée Air Pollution of Iran 2004-2006 (fig. 2).

A picture of Iranian flags in galleries
Fig 2. Mahmoud Bakhshi Moakhar, Air Pollution of Iran 1 (2004-2006)

Frances Morris a déclaré au Guardian que :

"The ambitious repositioning of Tate's collection is a response to the emergence of interesting and dynamic art centres across the world and an ever more complex andinterconnected international art scene."

Ajoutant que :

"to contribute towards a reshaping of art history reflecting local art histories across the world."

L'audacieuse prétention muséale de Frances Morris semble recevoir le soutien indéfectible du directeur des lieux, Nicholas Serota qui n'hésite pas à l'intégrer dans la politique générale de l'établissement :

"Tate Modern has provided the spur for a vigorous policy at Tate of collecting more widely internationally which has deepened the collection for future generations. We are delighted to acquire these seminal works which powerfully reflect the diversity of artistic practice in the regions from which they originate."

La dynamique qui anime le musée depuis sa création permet de mieux comprendre comment il a su s'imposer comme le musée d'art contemporain le plus populaire au monde, drainant plus de 45 millions de visiteurs en une décennie, et générant, d'après Philippe Dagen dans un article du Monde, un revenu moyen annuel de 100 millions de livres Sterling pour la Ville de Londres...

Peut-on en dire autant du Centre Georges Pompidou pour Paris..?

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